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Le transport partagé en taxi conventionné : cette incitation qui se veut devenir la norme

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  • Publication publiée :décembre 4, 2023
  • Post category:Uncategorized

Le transport partagé en taxi conventionné : cette incitation qui se veut devenir la norme

Le secteur des transports sanitaires est en pleine mutation. L’article 80 vous a marqué ? Attendez de voir l’article 30 ! La réforme du PLFSS 2024 a introduit une pratique qui n’est pas nouvelle mais qui se veut devenir la norme : le transport partagé en taxi conventionné. Plus qu’un moyen d’arranger son planning, le transport partagé doit devenir un réflexe, une obligation.

La Sécurité Sociale, à travers sa campagne de sensibilisation lancée en Septembre 2024 à l’attention des patients, prescripteurs et transporteurs, est d’ailleurs claire dans ses intentions : si le prescripteur ne signifie pas par la coche d’une case spécifique que le transport ne peut être partagé, alors il a pratiquement l’obligation de l’être.

Cette mesure, présentée comme une solution pour optimiser les ressources et maîtriser les coûts, suscite de nombreuses réactions. Décryptage.

Qu'est-ce que le transport partagé ?

Le transport partagé consiste à regrouper plusieurs patients pour un même trajet, lorsque cela est médicalement possible. Concrètement, votre patient devra partager votre taxi avec d’autres personnes se rendant au même établissement de santé ou dans la même zone géographique. 

Pourquoi cette réforme ?

Sur le papier, cette réforme est louable et même qu’on se dit que finalement, elle a du bon : 

  • Maîtrise des coûts : En optimisant les trajets, cette mesure permet de réduire les dépenses de transport sanitaire, qui représentent une part importante du budget de l’Assurance maladie.
  • Réduction de l’empreinte carbone : En diminuant le nombre de véhicules en circulation, le transport partagé contribue à limiter les émissions de gaz à effet de serre.
  • Amélioration de l’organisation des transports : Cette réforme permet de mieux coordonner et optimiser les plannings des différents acteurs de la chaîne de soin. 
Oui mais voilà… sur le papier, ce n’est pas sur la route, ni en cabinet, et encore moins quand on exerce dans un milieu rural et/ou un désert médical.

Quels impacts pour les patients et les professionnels de santé ?

Quand on creuse un peu, on se rend compte que ce n’est pas qu’aux Taxis Conventionnés de réorganiser ses TAP afin de respecter la demande de transports partagés. Ce sont en réalité 3 acteurs à coordonner :

Le patient, le taxi et le professionnel de santé ou l’établissement dans lequel il doit se rendre. 

Et là… on voit vite le problème et la dérive. Il faudrait que des personnes d’un même périmètre aillent au même endroit, le même jour et pratiquement au même moment. Et cela demande la mise en place d’une organisation gigantesque. 

Les impacts du transport partagé : une analyse plus fine

Le transport partagé en taxi conventionné soulève de nombreuses questions quant à son impact sur la qualité de vie des patients et l'organisation des soins

Le transport partagé, une bonne idée sur le papier, mais qui se heurte à la réalité des besoins des patients.

Allonger les trajets et les temps d’attente, c’est mettre à mal le confort des personnes déjà fragilisées par la maladie. Tout comme partager un espace avec des inconnus, quand on se sent vulnérable, peut être source d’anxiété. Le chauffeur de taxi joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des patients, surtout pour les plus fragiles et isolés. Il apporte un soutien psychologique précieux nécessaire tout au long d’un traitement. Il est aussi souvent le premier à qui le patient apprend une mauvaise nouvelle, un mauvais diagnostique. Regrouper les transports c’est ainsi priver des personnes vulnérables et fragiles  d’un soutien émotionnel qui fait partie intégrante de l’activité des taxis conventionnés et autres transporteurs sanitaires. 

Le transport partagé, est donc une solution qui peut avoir des conséquences préjudiciables sur la qualité de vie des patients et le respect du secret médical.

Le transport partagé, côté organisation du transport, ce n’est pas mieux !

Chacun sait qu’un taxi passe sa journée a réguler. Réguler quoi puisqu’il est censé respecter un agenda précis sur lequel Mme A a rendez-vous à 13h et Mme B à 14h… facile ! Waze nous dit qu’on est large… même Michelin, petit chouchou de la sécu nous le confirme ! Mais comme on le sait, la journée d’un taxi, ce n’est pas son agenda tout beau tout propre à 06h00 du matin. Non. Les retards, du patient, du médecin, de l’appareil qui tombe en panne mais restez on le répare d’ici 1h, une patiente qui est sortante alors qu’elle ne le devait pas, un médecin qui avance un rendez-vous, un autre qui l’annule alors qu’on est sur la route (tu la sens la pression de la journée qui monte ?) ah mince, route qui se densifie, bouchons… appel à un ami pour le retour de Mme B…. bref. C’est déjà compliqué quand on a un patient à transporter. 

Maintenant, imaginons la même chose mais avec des patients qui doivent partager le même taxi, qui n’habitent pas au même endroit et qui n’ont pas les mêmes horaires tout à fait… voilà… jusqu’à trois elle nous dit la sécu… 

Chez TILIMED, le transport partagé on a compris que c’était une nécessité pour permettre à notre système de santé de sortir un peu la tête de l’eau. Mais on espère aussi que le Gouvernement et les Décideurs comprendront que ce n’est pas généralisable à tous les transports et qu’on parle d’une gestion de l’humain. Et que l’humain c’est ce qui est le plus important dans le médical. 

Le petit spot de la sécurité sociale pour les curieux (mis en ligne le 09.09.2024)
Mise à jour du 04.10.2024 avec une publication de la CPAM :